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Inauguration de l'Espace Françoise Seligmann - 20 mai 2014

L'Espace Françoise Seligmann - situé au 21 rue Sambre et Meuse, à Paris 10ème - appelé à devenir à la rentrée 2015 le Collège Françoise Seligmann, a été inauguré le mardi 20 mai 2014, en présence de François Weil, Recteur de l'Académie de Paris, Anne Hidalgo, Maire de Paris, Bertrand Delanoë, Maire honoraire de Paris, Rémi Féraud, Maire du 10ème arrdt, et Pierre Joxe, Président de la Fondation Seligmann

 

 

La cérémonie s'est déroulée en présence de porte-drapeaux (anciens combattants), rendant hommage aux combats menés par Françoise Seligmann au sein de la Résistance, des membres de sa famille et de ses proches.

Lors de l'inauguration, les élèves de l'Espace Françoise Seligmann nous ont proposé une exposition sur le thème "Françoise Seligmann (1919-2013) : Résistance, Présidente d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme, Sénatrice" retraçant ses actions menées tout au long de sa vie en faveur des Droits de l'Homme et des Droits des femmes, sa lutte contre le racisme et les discriminations, contre le nazisme au sein de la Résistance, avec la mise en perspective de son parcours professionnel en tant que femme politique, femme journaliste. Ses combats ont été associés à ceux menés par d'autres grands noms de la défense des droits et libertés comme Rosa Parks.

 

 

Discours de Rémi Féraud – Maire du 10ème arrondissement

« […] C’est toujours un bonheur, un plaisir pour un élu, en particulier dans ce quartier de Belleville, dans cet ancien lycée professionnel qui nous a tant servi à accueillir d’autres écoles de Paris en travaux, mais que nous voulions, avec Colombe Brossel, lorsqu’elle était adjointe au Maire de Paris chargée des affaires scolaires, avec Alexandra Cordebard qui lui a succédé, nous voulions tant que ces locaux continuent à être dédiés à l’éducation et qu’ils valorisent aussi l’enseignement public dans notre quartier de Belleville. Que ces lieux soient devenus l’amorce d’un collège, reliés au Collège Valmy et qui deviendront bientôt un collège à part entière, nous en sommes évidemment très heureux. Cela est un signe positif pour ces quartiers et pour l’enseignement public ; et je vous assure que beaucoup de familles de Belleville et du 10ème arrondissement ont choisi le collège public parce qu’il y avait cette implantation de proximité, avec une grande qualité des locaux et de l’enseignement.

Que la ville de Paris, à l’initiative de Bertrand Delanoë, ait choisi de donner le nom de Françoise Seligmann à ce futur collège est un signe d’espoir qui va tellement bien à ce quartier et à ces lieux. Ce quartier de Belleville, la mixité sociale et culturelle des enfants qui y vivent, va tellement avec le parcours, l’histoire, les engagements, les convictions de Françoise Seligmann que nous étions évidemment, ici dans le 10ème arrondissement, très heureux de cette proposition. D’ailleurs, au Collège Valmy, nous travaillons déjà avec la Fondation, qui apporte aux élèves qui arrivent dans notre pays et qui font des efforts considérables et des progrès extrêmement rapides pour apprendre le français, pour apprendre tout simplement et pour s’intégrer. La Fondation Seligmann est présente à leurs côtés déjà depuis plusieurs années.

Merci à toutes celles et ceux qui ont permis de donner le nom de Françoise Seligmann à ce collège du 10ème arrondissement, et en particulier merci à Bertrand Delanoë qui en a décidé ainsi avant les élections municipales. Merci. »

Discours de François Weil - Recteur de l’Académie de Paris

« [...] Je suis particulièrement heureux d’inaugurer aujourd’hui, en votre compagnie, l’Espace Françoise Seligmann qui accueille, dans les anciens locaux du lycée municipal de l’horlogerie Clément Ader, l’annexe du Collège Valmy. A l’horizon 2015, nous devrions nous retrouver tous pour inaugurer cette fois le Collège Françoise Seligmann.

Ce n’est sans doute pas un hasard, c’est peut-être un clin d’œil, que cela soit précisément aujourd’hui, alors que nous nous apprêtons à remettre ce soir en Sorbonne le Prix Seligmann, le prestigieux Prix Seligmann, que nous nous retrouvons ici pour rendre hommage à une femme exceptionnelle, à une résistante, qui consacra toute sa vie à faire du savoir et de la connaissance les meilleures armes de la lutte contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme, d’exclusion et de peur de l’autre.

La Fondation Seligmann, dont je salue chaleureusement le Président, Monsieur Pierre Joxe, œuvre en ce sens au rapprochement, je cite, « entre les citoyens et résidents étrangers de toutes origines rassemblés sur le sol français, principalement par le biais d’actions dans des établissements scolaires ». Que le nom de Françoise Seligmann soit désormais associé à un établissement scolaire n’est que justice. C’est donc cet héritage, Monsieur le Principal, que nous célébrons aujourd’hui. Je salue le travail engagé pour donner à chacun toutes les chances de réussite et à tous les élèves la possibilité d’exprimer le meilleur de leur talent. Ce sont les cordées de la réussite, l’accueil personnalisé des élèves non scolarisés antérieurement, c’est aussi les classes européennes, les classes bi-langues, la section horaires aménagés en partenariat avec deux conservatoires, sans oublier toutes les activités culturelles qui sont mises en place au Collège Valmy et donc dans l’annexe Françoise Seligmann.

La réflexion et l’action sont ici toujours en marche sur l’évaluation, sur la mise en place de nouveaux dispositifs, sur le recours au numérique. L’annexe du collège Valmy, l’Espace Françoise Seligmann, demain, le Collège Françoise Seligmann, est un bel exemple de réussite et d’une mixité sociale et scolaire bien pensée. Madame la Maire, cher Bertrand Delanoë, le Conseil de Paris ne s’est pas trompé en souhaitant donner le nom de Françoise Seligmann à ce lieu de toutes les chances et de toutes les réussites. Je vous remercie. »

Discours de Pierre Joxe – Président de la Fondation Seligmann

« […] Un peu plus d’écoliers, et surtout d’écolières d’ailleurs, de collégiens et de collégiennes, et il y a encore plus de grandes personnes. Alors pourquoi tout ça ? Pourquoi toutes ces grandes personnes ? Il y a le recteur, qui est le directeur général de tous les directeurs d’écoles et d’universités, il y a la Maire et l’ancien Maire, etc. Parce que cela est une cérémonie. Pourquoi tous ces enfants ? Parce qu’on est dans une école. En plus, il paraît que vous allez chanter. Et pourquoi tous ces drapeaux, et autant de porte-drapeaux ? [...] Parce que c’est une cérémonie - non pas militaire - mais en hommage à une personne qui s’est battue pendant la Résistance contre le nazisme, contre les collabos, qui a mis sa vie en danger pour sauver beaucoup de gens et en particulier des enfants. [...]

C’est un nom prédestiné. Le Collège Valmy, c’est déjà assez militaire, la rue de Sambre et Meuse, c’est encore un souvenir de bataille, et le Collège Françoise Seligmann, ce sera un souvenir où se mêlent le civisme, la Résistance, son courage et l’école. Car Françoise Seligmann, son nom, et le nom de son mari, sont déjà étroitement liés à la ville de Paris, avec les dons énormes qu’elle a faits, en particulier au musée Carnavalet où une salle entière de l’histoire de Paris porte le nom « salle Seligmann ». Françoise Seligmann, quand elle a créé la Fondation, que je préside maintenant depuis son départ, a toujours voulu que l’on se tourne vers les écoles, vers les professeurs, vers les écoliers, vers les collégiens, vers les étudiants, c’est-à-dire vers tous ceux qui participent au vivre ensemble. [...]

Je vais lui rendre hommage de manière un peu particulière, car elle a eu l’idée, il y a de cela quelques années, de donner à tous les enfants qui arrivaient dans une école pour la première fois à Paris, de leur donner un dictionnaire. Le conseil [d’administration de la Fondation] a décidé de donner à votre bibliothèque 250 livres, en réalité seulement 249 car voilà le premier [remise d’un dictionnaire à une des collégiennes présentes].

Françoise Seligmann aurait été très contente d’entendre le Chant des Partisans chanté dans une école, qui est un chant de combat, un chant d’espérance. Merci. »

Discours de Bertrand Delanoë – Maire honoraire de Paris

« [...] Un mot pour résumer tous nos sentiments et peut-être notre engagement, sûrement notre engagement : fidélité. Fidélité au peuple de Paris, à ses valeurs, fidélité des élus de Paris d’aujourd’hui aux valeurs de Paris, engagement de prendre appui sur celles et ceux, car il y a aussi des hommes, qui ont particulièrement honoré ces valeurs pour que nous vivions libres et en démocratie. Ce collège, j’anticipe un peu Monsieur le Recteur, ce Collège Françoise Seligmann, ce n'est pas pour honorer une personne qui se prenait pour une grande personnalité. Françoise, comme ce très très beau portrait l’illustre, est une femme de courage, une femme d’engagement contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme, et en même temps une femme simple qui ne se prenait pas au sérieux. C’est une femme douce, chaleureuse, déterminée, aimante et aimant les enfants, auxquels elle dédiait les actions de la Fondation, qu’elle t’a confiée cher Pierre [Joxe], pour que nous continuions à faire de la connaissance un instrument de liberté et de démocratie. Et de démocratie, car la conviction profonde de Françoise avec ces décennies de luttes, parfois au péril de sa vie, c’était qu’il fallait que les citoyens soient en pleine possession de la connaissance, de la conscience, pour exercer leur droit de citoyen et pour que la démocratie tienne debout.

C’est pour ça que ce collège là était particulièrement pertinent, y compris parce que Françoise, à travers sa Fondation, a eu une volonté de servir, d’enrichir, de partager, de donner leur chance à tous les jeunes de notre pays.

Et puis, je ne veux pas dire ces mots de fidélité sans dire « Ligue des Droits de l’Homme » car l’engagement de Françoise, c’est aussi en permanence avec la Ligue des Droits de l’Homme. Je suis très heureux de saluer Henri Leclerc, son Président d’honneur, de la même manière que je l’ai fait dans d’autres circonstances, je veux citer les noms d’Henri Leclerc, de Daniel Mayer, de ces personnalités extraordinaires auxquelles nous devons aujourd’hui l’enthousiasme, la joie de nous battre pour les Droits de l’Homme et de la Femme.

Pierre [Joxe] avait raison de remarquer qu’il y avait plus de collégiennes que de collégiens parce qu’aussi Françoise voulait se battre contre cette discrimination là, la discrimination qui heurte notre principe d’égalité entre les femmes et les hommes.

Je veux dire à Anne Hidalgo, à Rémi Féraud et à Alexandra [Cordebard] - et cela aussi est une manière d’être fidèle à Françoise - qu’il faut transmettre ; il faut que la démocratie vive au-delà des individus qui la servent.

Dans le Collège Françoise Seligmann, c’est une belle occasion, au nom de ce long temps de représentation du peuple de Paris, de redire à Anne [Hidalgo] et à Rémi [Féraud] ma confiance, mon affection avec des symboles comme Françoise, avec cette fidélité, avec ce sourire, Paris peut relever tous les défis des libertés, de la démocratie et des Droits de l’Homme. »

Discours d’Anne Hidalgo – Maire de Paris

« [...] Monsieur le Maire du 10ème arrondissement, Monsieur le Recteur, Monsieur le Président, cher Bertrand [Delanoë], et je voudrais également saluer Alexandra Cordebard qui m’accompagne maintenant sur les questions scolaires, saluer la famille de Françoise Seligmann qui est ici et qui porte aussi cette mémoire avec fierté, avec humilité, comme elle aurait sans doute aimé qu’elle soit portée, et dire bonjour aux enfants, aux collégiens qui sont là. Vous êtes à un âge très, très important de la vie, c’est là que beaucoup de choses se construisent, et que votre ouverture, votre appétit au monde sans doute commence à être extrêmement fort, et je suis heureuse de me retrouver ici avec votre principal et les enseignants qui vous entourent. Merci aussi aux porte-drapeaux ; s’ils sont là, cela a du sens, Pierre Joxe l’a évoqué.

Donner le nom de Françoise Seligmann à un lieu d’enseignement, c’est quelque chose finalement de tout à fait naturel. L’engagement qu’elle a eu toute sa vie, il a été rappelé, engagement combattant, engagement dans la Résistance au péril de sa vie, engagement qu’elle a eu ensuite avec sa Fondation, qui a permis de donner une chance supplémentaire à celle que l’école de la République offre à ses enfants. Cet engagement devait se traduire aussi par sa trace, par son nom sur un lieu d’enseignement, et c’était finalement quelque chose de naturel, même s’il fallait le voter, le porter au-delà de la mandature précédente, avec toi, cher Bertrand [Delanoë], qui a porté cette proposition lorsque Françoise Seligmann nous a quittés. Nous sommes là aujourd’hui en fidélité avec cette transmission pour dire que oui, ce qui a été dit à ce moment-là, la force, la valeur de ce nom dans un lieu d’enseignement ça a du sens, et cela donne du sens à ce que nous faisons ensemble à Paris.

Vous le savez, donner son nom à Paris, à une rue, à un lieu, à un équipement, cela ne va pas de soi. Il faut avoir ce lien avec Paris, et ce lien avec les valeurs de Paris. Nous nous sommes retrouvés autour de ce nom, conjugué à votre collège. Je crois que vous pouvez en être fiers car le nom de Françoise Seligmann est un nom qui porte avec lui non seulement une histoire, non seulement des valeurs, mais un message et un engagement. Et un message optimiste. Vous avez évoqué le rôle de Françoise dans la Résistance, et notamment la présence des porte-drapeaux vient témoigner de ce rôle.

J’ai eu la chance de la connaître, moins que Bertrand [Delanoë], moins que Pierre [Joxe] et moins que beaucoup d’autres ici, et moins que sa famille, mais le souvenir que j’ai et que je garde de Françoise, ce sont des rencontres autour d’un autre engagement, son engagement féministe. J’ai toujours vu Françoise Seligmann à nos côtés, le « nos » étant très large, à nos côtés, nous les femmes, engagées dans toutes les causes, qu’elles soient celles de la parité, de l’égalité, de la non-discrimination. Dans toutes les causes pour l’égalité entre les femmes et les hommes, Françoise Seligmann était là, comme une figure bienveillante, parce qu’elle a toujours eu un regard bienveillant. Dans la rencontre que j’ai pu avoir avec elle, et je me fais la porte-parole sans doute de beaucoup, beaucoup de femmes et d’hommes qui l’ont rencontrée, il y avait toujours une part de malice, un regard malicieux, plein d’humour, plein d’envie de se projeter ; et ce regard malicieux rappelle aussi celui des collégiens, et je trouve qu’elle est d’autant plus à sa place que, tout en étant une grande et belle dame qui aujourd’hui va honorer de son nom votre collège, elle était toujours en train de remettre en question avec malice, avec bonheur. Ce que je retiens d’elle, de ces rencontres, c’est aussi ce goût, cet appétit pour la vie, cet appétit pour le don, pour donner aux autres et rencontrer les autres. Cela n’est pas quelque chose qui est donné à tout le monde et je pense que ce souvenir, cette mémoire sera bien à sa place ici, dans ce collège et dans ce quartier « Politique de la Ville ».

Cet engagement féministe de Françoise Seligmann, il a été fort, il a été là, il a été réconfortant, et aujourd’hui il nous oblige, moi, comme Maire de Paris, le Président de la Fondation et toutes celles et ceux qui portent ces valeurs et cette mémoire et ce combat, il nous oblige à faire plus et mieux, à nous remettre en cause, à nous remettre en question et à nous poser toujours la question de comment on sert les valeurs, les valeurs qui nous unissent et notamment les valeurs républicaines.

Là aussi, l’école est l’endroit où l’on apprend ces références, où l’on se confronte à ces repères qui font qu’ensuite on peut vraiment construire sa vie d’adulte en étant libre, en étant critique, en ayant vraiment cet esprit critique qu’on doit aussi apprendre à partir de la connaissance qu’on nous donne à l’école.

C’est tout cela qui se joue aujourd’hui en donnant le nom de cette grande dame, Françoise Seligmann, à cette annexe du collège puis au collège lui-même.

Je sais que les enfants ont déjà effectué un travail important : ils ont relié le nom de Françoise Seligmann à Rosa Parks, par exemple, et à d’autres très beaux noms. Je pense que vous l’avez déjà inscrite dans cette belle trajectoire des femmes et des hommes qui bâtissent des valeurs, qui ont bâti la République et j’espère et je le sais que vous en serez dignes. Je vous remercie. »

27-05-2014

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